Besnard (René, Henry), né le 12 avril 1879 à Artannes (Indres et loire), mort le 12 mars 1952 à Paris.

Député d'Indre et Loire de 1906 à 1919.

Sénateur d'Indre et Loire de 1920 à 1941

Sous secrétaire d'état aux finances du 27 juin 1911 au 11 janvier 1913

Ministre du travail et de la prévoyance sociale du 21 janvier au 18 mars1913

Sous-secrétaire d'état à la guerre du 14 septembre 1915 au 8 février 1916

Sous-secrétaire d'état à la guerre du 28 décembre 1916 au 7 septembre 1917

Ministre des colonies du 12 septembre au 13 novembre 1917

Ministre de la guerre du 21 au 25 février 1930


Issu d'une famille installé en Touraine depuis 1686, René Besnard naquit à Artannes (Indres et loire) le 12 avril 1879. Docteur en droit et avocat en 1903, il publia une thèse consacrée aux perquisitions et saisies en matière criminelle.


Désigné par les comités républicains, radicaux, et radicaux-socialistes anticléricaux, comme candidat à la députation, il fut élu, dans la première circonscription de Tours, au deuxième Tour de scrutin des élections générales des 6 et 20 mai 1906, par 13.395 voix sur 13936 votants, battant le député sortant, Drake, qu'il avait distancé dès le premier tour, Secrétaire d'âge de la chambre - il avait juste 27 ans - membre de diverses commissions (postes et télégraphes, mines) et de la commission chargée d'examiner les documents saisis à la nonciature (1907), il devint en 1909 secrétaire de la chambre des députés.


Il déposa plusieurs propositions de loi concernant notamment :


Il prit part à plusieurs discussions en séance publique :


Au cours de la séance du 4 janvier 1910 il développa longuement une interpellation dénonçant l'action violemment opposée à la fois au gouvernement et aux évêques et catholiques libéraux de M Rocafort "représentant officieux du Vatican au sein de l'université".

Au cours des débats intervinrent notamment Barrès : "Il faut que l'honneur de M Rocafort soit lavé de tout soupçon" et Jaurès : "Il y a donc dans l'université des avancements de police ?"


Réélu avec quelques difficultés lors des élections des 24 avril et 8 mai 1910 (Drake l'avait précédé de 443 voix au premier tour de scrutin, mais il obtint au second 13580 voix su 27152 votants).

René Besnard devint membre de la commission du travail, de la commission du suffrage universel.


Auteur de plusieurs propositions de loi :

Il fut également, entre autres, plusieurs fois rapporteur du budget du commerce et de l'industrie.


Le 27 juin 1911 il fut nommé Sous secrétaire d'état aux finances (Klotz étant Ministre des finances) dans le cabinet Caillaux.

Il conserva son portefeuille lorsque, le 14 janvier 1912, Poincaré succéda à Caillaux, mais ua sein du même cabinet, il fut nommé Ministre des colonies le 12 janvier 1913 en remplacement d'Albert Lebrun qui prit alors à la guerre la place d'Alexandre Millerand.

Enfin, Briand choisi René Besnard comme Ministre du travail et de la prévoyance sociale dans son Ministère du 21 janvier 1913, et après avoir démissionné le 18 février, le conserva au même poste dans son cabinet du 18 février 1913 qui ne put durer que jusqu'au 18 mars.

Besnard ne trouva pas place dans le Ministère de Barthou du 22 mars 1913.

Redevenu simple député il fut élu en 1913 membre du comité consultatif des assurances sur la vie et des entreprises de capitalisation, et fut une nouvelle fois, pour l'exercice 1914, rapporteur du budget du commerce et de l'industrie.


Réélu lors des élections générales des 26 avril et 10 mai 1914, au deuxième tour de scrutin, avec 10703 sur 18841 votants, il devint membre de la Commission :


Il fut rapporteur du projet de loi portant sur l'approbation du traité de paix conclu à Versailles le 28 juin 1919, (partie concernant les colonies Allemande).

Parti comme sous-lieutenant aux armées en 1914, il en était revenu pour prendre le sous-secrétaire de l'aéronautique militaire dans le cabinet Briand du 29 octobre 1915, poste qu'il occupa jusqu'au 8 février 1916.

De retour aux armées, il fut nommé capitaine et cité.


Dans le nouveau Cabinet Briand du 12 décembre 1916 il occupa un sous-secrétariat d'état à la guerre (Administration générale) aux côté de Lyautey, Ministre de la guerre. Il remplit les mêmes fonctions, mais auprès de Paul Poincaré cette fois, dans le cabinet Ribot du 20 mars 1917, jusqu'au 7 septembre 1917.

Enfin, Paul Painlevé étant devenu Président du Conseil le 12 septembre 1917, donna le portefeuille des colonies à René Besnard, mais le Cabinet tomba le 13 novembre pour faire place à Clémenceau.


Auteur en 1919, d'un ouvrage économique "Ou va-t-on ?", René Besnard ne fut pas candidat à la députation lors des élections générales du 16 novembre 1919. Il se présenta au sénat le 11 janvier 1920 et fut élu sénateur d'Indre-et-Loire, mandat qu'il devait conserver lors des élections du 6 janvier 1924, et du 10 janvier 1933.


Inscrit au groupe de la gauche démocratique du sénat, il s'y fit remarquer à la commission des affaires extérieures.

En 1924, il fut nommé Ambassadeur de France à Rome, poste qu'il occupa jusqu'en 1928.


Le 21 février 1930, Camille Chautemps lui confia le Ministère de la guerre, mais ce fut un Cabinet presque mort-né puisqu'il disparut dès le 25 février.


Membre de la Commission des affaires étrangères et de la Commission de l'armée dont il devint vice-président, il participa à quelques débats concernant plus spécialement la politique extérieure et la politique du blé.


Le 10 juillet 1940, à Vichy, il vota la délégation de pouvoirs au maréchal Pétain, puis se tint à l'écart de la vie politique.


René Besnard fut à la fois grand avocat d'affaire civiles, président de la Fédération radicale-socialiste de Tours, membre de l'Académie diplomatique, collaborateur de nombreux journaux et revus.


Il mourut à Paris le 12 mars 1952, à 73 ans. Il était officier de la Légion d'honneur.